[VIDEO] Lièvremont : l’appréhension de la fonction
Posté le 15.03.2011 dans Interviews, Portraits par Ludovic Ninet / Lu 1 631 foisAu cœur de la tourmente après la défaite à Rome, Marc Lièvremont est soumis à un feu nourri de critiques en provenance des médias et du monde du rugby, qui mettent en doute qui sa compétence, qui son autorité, qui le bien fondé de sa nomination il y a trois ans et demi. Réécoutons donc les propos que nous tenait le sélectionneur quelques jours avant Angleterre-France sur cette nomination justement, qu’il avait dans un premier temps refusée, sur sa vision de sa fonction et sur le contexte politico-médiatique qui l’entoure plus que jamais depuis samedi.
Je rappelle les conditions de cet entretien. Nous avions rencontré Marc Lièvremont le mercredi précédent le match à Twickenham et nous avions évoqué son poste sans trop nous attarder sur l’actualité. Première question de ce petit triptyque vidéo : se sentait-il assez construit en tant qu’entraîneur au moment de sa nomination ? Il nous dit « oui » mais le contexte l’effrayait.
Etonnant, je trouve, mais finalement assez symptomatique et révélateur du personnage : l’absence de certitudes dont il fait souvent mention. Pour tout. Il ne semble jamais sûr de rien, n’est-ce pas là son principal défaut au poste qu’il occupe ? Le doute fait avancer, c’est vrai, mais les certitudes, au moins quelques-unes, encadrent ce chemin. Lièvremont parle de convictions. A-t-on pu réellement les percevoir tant sa ligne directrice à la tête des Bleus a paru sinueuse ?
La deuxième question concerne le contexte politique qui entoure sa fonction, ce qui l’attirait le moins donc, une dimension qui, dit-il, lui « échappe complètement » : querelle(s) LNR-FFR, manque de vision pour un meilleur développement du rugby français. « Il y aurait de meilleurs compromis à mettre en place. »
Aujourd’hui, il lui est parfois reproché de critiquer cet environnement, même à juste titre, sans avoir balayé devant sa porte, autrement dit sans avoir tout fait pour placer, malgré le manque de moyens, l’équipe de France dans de bonnes dispositions avec plus de constance. On bascule donc sur sa fonction de sélectionneur et d’entraîneur en chef du XV de France. Première question : un entraineur quel qu’il soit est-il préparé, dans le rugby français, à occuper ce poste ?
Il est évident qu’après le match contre l’Italie la frustration, il a même parlé de colère, est réapparue mais elle est d’un ordre différent. La question que l’on peut se poser aujourd’hui à propos de son fonctionnement et de l’adaptation permanente dont il parle : peut-être s’est-il trop adapté, tout le temps ? Peut-être faut-il en imposer plus dans tous les domaines (médiatique, management humain, projet sportif) lorsqu’on occupe ce poste ? A la lecture de ses trois années passées à la tête du XV de France et des récents résultats, cela semble plus qu’évident. Mais n’est-ce pas l’expérience qui le permet ?
A la caméra : Luc Folliet.
Revoir la première partie de l’interview sur la révélation, la découverte et la construction en tant qu’entraîneur.
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