Palisson ne veut pas jouer avec le frein à main
Posté le 18.03.2011 dans Portraits par Ludovic Ninet / Lu 2 401 foisSon sourire tranchait mardi quand, les cheveux encore mouillés de sa douche, en short, t-shirt et claquettes comme s’il revenait de la plage, Alexis Palisson s’est pointé en salle de presse. Intermittent du XV de France 2011 alors qu’il avait été ailier incontournable du Grand Chelem 2010, il venait de travailler le jeu de ligne face aux -20 ans. « Heureux d’être là ». Malgré la sinistrose ambiante découverte la veille en débarquant à Marcoussis avec les cinq autres nouveaux appelés. « On sent nos coéquipiers abattus, meurtris, un peu perdus, disait-il. Moi, je peux apporter mon tempérament, mon envie de jouer. Et en plus du terrain, j’essaye de les rassurer en leur parlant. »
La déconfiture, il sait ce que c’est ! Il a découvert cette saison à Brive les affres du bas de tableau, le poids des résultats négatifs alors il affirme : « Les périodes difficiles, ça me connaît. A Brive, dans des matches serrés, il peut m’arriver de faire plus attention à ce que j’entreprends, de limiter ma prise de risque. En équipe de France, c’est différent. Je ne veux pas jouer avec le frein à main. Le groupe est meurtri, il a besoin d’initiatives. » Et on le sait porter sur l’offensive, comment ses compères du trio de fond de terrain, Vincent Clerc et Max Médard. Ces trois-là, à condition de se trouver, ont de la dynamite dans les jambes, le goût de la relance et des crochets à revendre. Le petit grain de folie qui réveille un groupe peut venir d’eux.
A Twickenham, arrivé la veille du match pour suppléer numériquement celui qui sera son partenaire samedi (Médard), Palisson n’avait « pas eu le temps de [s]’exprimer ». En un petit quart d’heure, une tentative de relance foirée et pas grand chose d’autre, les Bleus prenaient l’eau. Son œil s’éclaire : « Là, j’ai la chance de commencer. » Contre le pays de Galles, un adversaire qui lui va bien. L’an passé, sur interception, il avait inscrit son 2e essai pour le XV de France entre les poteaux du Millennium, après une course de 50 mètres. Pile devant la famille, montée à Cardiff en voiture. « Un de mes plus beaux souvenirs. » Tu parles !
Au Stade de France, le futur Toulonnais connaîtra donc sa 14e sélection. Pas mal pour un « petit bonhomme » ni grand ni particulièrement carré, qui aura pour vis-à-vis Leigh Hahlfpenny, un ailier du même format quoiqu’un peu plus rond du biceps, même profil aussi. Des jambes, surtout. Mais pas de Shane Williams qui pourtant « était encore un modèle il n’y pas si longtemps ». La pression ? « On joue la Coupe du monde à tous les matches, désamorce-t-il. Moi, j’essaye de jouer mon rugby, de tenter des choses que j’aime faire. » Pas de frein à main, il a dit. Dans un seul but : « Marquer cette fin de Tournoi par une victoire face aux Gallois. »
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