Morgan Parra, le « merdeux » au milieu des gros
Posté le 17.11.2010 dans Portraits par Luc Folliet / Lu 11 534 foisLe demi de mêlée clermontois, éclos au haut niveau à Bourgoin, retrouve contre l’Argentine le fauteuil de titulaire à la mêlée du XV de France qu’il occupa déjà sept fois en 2010. A 22 ans (il les a eus le 15 novembre), le voilà incontournable derrière le paquet tricolore. Voici la première partie d’un long portrait en deux parties que nous lui consacrons. De ses débuts à Metz à l’équipe de France, vous saurez tout de Morgan Parra.
L’hiver est tombé sans prévenir sur Pierre-Rajon, Les nuages épais enveloppent les poteaux de rugby et les premiers flocons de neige virevoltent sur le terrain annexe. A la porte d’entrée du stade, un gamin court, ses crampons à la main. « Merde, je suis à la bourre. » Les joueurs du CSBJ sont déjà en tenue et préparent un déplacement des plus cruciaux à Montauban, au creux d’une saison 2006-2007 si terne pour Bourgoin que le staff a fait appel à l’insouciance de la jeunesse pour secouer tout ça. A 18 ans et quelques jours Morgan Parra a fêté sa première titularisation au poste de demi de mêlée dans le Top 14. « Allez Morgan, dépêche-toi ! », lui crie le coach Christophe Urios.
Sur une jambe, il enfile prestement ses crampons. Le deuxième ligne, Julien Pierre, s’approche et le pousse sous les rires des « vieux » Olivier Sourgens et Pascal Peyron. « Arrête Julien, je suis déjà en retard. » Pour acte d’insoumission, il se fait de suite décoiffer les cheveux par les immenses mains de Pierre. Morgan est le « merdeux » de l’équipe. Dans la région, chaque équipe a « son merdeux », joyau à polir, couvé par huit goguenards enrubannés, bien souvent taquins avec lui mais qui voient rouge dès que le petit est bousculé par l’adversaire. Sur les terrains d’Isère, c’est ainsi : « On ne touche pas au merdeux », sous peine de ne pas finir le match entier…
Et tous les vendredis, « Morgan l’espoir de Bourgoin » descend fissa du pôle France de Marcoussis pour préparer la rencontre du week-end avec le CSBJ. Une vie de pensionnaire où l’on court après le temps. Crampons enfin chaussés, il rejoint le groupe. Instantanément, le merdeux devient patron, les avants ses gros. La voix claque. « Gauche ! » « Black ! » Tous obéissent.
Morgan Parra a eu ses premiers souvenirs de gosse la main dans celle d’un père fou de rugby. Au début des années 90, Tonio Parra est joueur à Metz. « Parfois sa mère travaillait le dimanche. Donc j’emmenais Morgan aux matches avec moi. En déplacement aussi, dans le bus. On était devant tous les deux. » Quand Tonio était sur le terrain, Morgan courait autour de la main courante, entouré de grands, bénévoles ou femmes de joueurs, qui le surveillaient. Il s’amusait comme un gamin s’amuse à son âge : prompt à frapper dans un ballon qu’il faut apprivoiser, à s’inventer des histoires dont on est le héros. Des pénalités victorieuses à la dernière seconde face aux poteaux, le petit Morgan en a sûrement beaucoup transformé, une fois le match du papa terminé.
Ado surdoué un ballon entre les doigts, Parra semble avoir un temps d’avance dans le jeu comme dans la vie. Dans cet Est oublié par la France du rugby, il dénote. Il est déjà le petit ouvreur de Metz repéré de tous, animé d’une conviction inaltérable qui l’emmènera vers le professionnalisme. « A l’adolescence il s’est construit souvent seul, raconte son père qui l’a entrainé pendant trois ans. Quand il s’en est allé au pôle Espoirs de Dijon, il avait 14 ans. C’était le plus jeune. Avec les matches, les déplacements, nous venions le voir seulement une fois par mois. »
Dijon puis Marcoussis, où les meilleurs jeunes se retrouvent pour parfaire, une saison durant, leur formation. Les clubs pros les ont déjà tous attrapés par la manche, leur montrant que l’herbe est forcément plus verte chez eux. Dans cet univers, Morgan tranche encore. Il reste licencié à Metz et passe deux ans au pôle France (2005-2006 et 2006-2007). Mais il devient la priorité de nombreux clubs du Top 14. « Là encore Morgan a dû grandir très vite », continue Tonio Parra. « A 16 ans, quelques clubs pro l’appelaient directement sur son téléphone. Ils ne passaient même pas par nous. Mais Morgan nous rappelait par la suite nous disant que ce club l’avait appelé, celui-là aussi… Puis avant l’été, il nous a demandé : ‘‘Comme on va en vacances dans le Sud, on peut visiter ces centres de formation ?’’ »
Morgan avait trié les offres : Montpellier, Perpignan puis en remontant la Languedocienne, la famille Parra fait halte à Bourgoin et rencontre Laurent Mignot, le directeur du centre de formation du CSBJ. Son père se souvient : « Morgan a posé cette question : ‘‘Sportivement, quel est mon intérêt de venir à Bourgoin ?’’ Monsieur Mignot lui a répondu : ‘‘Ici, y a Boyet, Boyet, Boyet.’’ Comprenez derrière l’ouvreur international Benjamin Boyet, il y a une place à prendre. » Ce sera donc Bourgoin.
Fin de la première partie. Pour lire la suite, cliquez ici.
Lire aussi : Demi de mêlée, Parra vs. Yachvili
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Commentaires ( 2 )
philippe cindy a laissé un commentaire le 24 nov 2010 à 13:55 - -morgan jtm troo
bon anniversaire morgan
jeudi 25 novembre
tu aura 22 ans
Solène a laissé un commentaire le 30 nov 2010 à 20:31 - -T’es le meilleur n°9 ! Bonne continuation !












