Manifeste pour une autre organisation du rugby français
Posté le 05.04.2011 dans Débats par Ludovic Ninet / Lu 3 196 foisJ’ai reçu ce mail d’un confrère bloggeur (Mister Rugby), qui disait ceci : « Je m’adresse à vous car devant les mauvais résultats du XV de France, je me suis essayé à imaginer ce que pourrait être le rugby français de demain, un système que je voudrais performant sur le plan sportif et économiquement viable. L’idée est que ce projet soit connu du plus grand nombre. » Y était joint un projet de 15 pages proposant la réforme structurelle de notre élite : nouvelle structure des championnats pros et des entités y participant, nouvelle formule de compétition. J’ai trouvé cela plus qu’intéressant, je vous en fais donc part en espérant de nombreuses réactions. Les références à d’autres structures dans d’autres disciplines et/ou d’autres pays éclairent ce projet qui concerne le haut de la pyramide. Resterait maintenant à réfléchir au calendrier lui-même et à l’enchevêtrement des compétitions tout au long de la saison… Quant à la formation, non traitée dans ce projet, Jean-Pierre Elissalde l’a souvent évoquée dans ses chroniques en proposant de nombreux axes de réforme. Ce post est particulièrement long mais il mérite qu’on s’y intéresse !
L’avant-propos de l’auteur : Passionné de rugby, j’ai souhaité avec le projet suivant trouver un système performant et consensuel pour le rugby français afin que les « petites guerres » entre la Fédération Française de Rugby et la Ligue Nationale de Rugby soient à jamais oubliées. Dans le but, donc, de créer une « union sacrée » entre les clubs et le XV de France. Ainsi, notre équipe nationale et notre championnat deviendraient les deux vitrines, désormais complémentaires et non plus opposées, d’un rugby tricolore envié par toute la planète ovale.
I Raisons du Projet
Lorsqu’en 1995 le rugby est passé professionnel deux voies se sont ouvertes pour permettre cette professionnalisation :
- Celle des clubs, adoptée pour des raisons culturelles en France et en Angleterre. Les clubs pensaient qu’ils seraient assez forts pour pouvoir développer et gérer eux-mêmes cette professionnalisation.
- Celle des provinces, gérée essentiellement par les fédérations qui au départ pensaient qu’il n’y avait de la place que pour un nombre limité de formations professionnelles par pays (entre 2 et 5 selon les pays). C’est la solution choisie par l’hémisphère Sud, mais aussi par l’Irlande et l’Ecosse (adoptée ensuite par le pays de Galles, au début des années 2000).
La première est connue sous le nom de système de promotion et relégation. Cette solution s’est imposée comme une évidence en France et en Angleterre car c’est celle qui a été choisie par presque tous les grands sports d’équipes professionnels en Europe (football, basket-ball, handball, etc.).
On oppose à ce système de promotion et relégation un autre principe appelé système de franchises ou encore ligue fermée dans lequel les formations participantes sont choisies selon divers critères et ne peuvent descendre à la fin de la saison sportive. Ce système est surtout utilisé par les sports professionnels nord-américains mais aussi par le football australien ou le rugby à XIII par exemple. En rugby à XV, le système des provinces s’apparente en de nombreux points à ces ligues fermées.
A l’heure actuelle, à l’exception des cas anglais et français, les grandes nations de rugby ont toutes choisi le système de franchises car celui-ci semble en bien des points plus adaptés au sport qu’est le rugby (l’Italie en a même constitué deux qui prennent part à la Ligue celte et à la Coupe d’Europe).
En décembre dernier, réfléchissant tout haut à une rénovation du système français pour une meilleure équipe de France, le président de la FFR, Pierre Camou, a émis l’idée que des sélections provinciales regroupant les meilleurs joueurs sélectionnables pour le XV de France participent à la Coupe d’Europe à la place des meilleurs clubs français. L’idée est loin d’être mauvaise mais elle arrive 15 ans trop tard, car les clubs ont fourni depuis 1995 un effort considérable pour s’adapter au monde du sport professionnel en multipliant leur budget par 10, en modernisant leur stade, en essayant de développer une notoriété nationale, etc. Il apparaît aujourd’hui inacceptable qu’en cours de route, la FFR change son fusil d’épaule – ce qui porterait gravement atteinte aux clubs professionnels dont la croissance n’est pas terminée. A moins que…
A moins que les clubs actuels servent de socle aux franchises alors constituées pour la mise en place d’une ligue fermée, c’est-à-dire qu’ils soient parties prenantes et moteurs de cette évolution. C’est une solution intermédiaire entre le système de promotion et relégation que nous connaissons actuellement et celui des provinces. C’est notamment la solution choisie par la Superleague de rugby à XIII en Grande-Bretagne ou l’Euroligue de Basket-ball en Europe.
Cette dernière solution offre de nombreux avantages.
II Les avantages du système de franchises
A/Structure et développement
Les structures sportives : Le principal avantage d’une ligue fermée, c’est qu’elle permet aux clubs qui sont en son sein d’investir dans des structures (stades, centres de formation, etc.) nécessaires à leur développement sans craindre la relégation sportive. Le Colloque Stades qui s’est tenu à Paris les 22 et 23 novembre 2010 a mis en avant la vétusté des équipements des clubs du Top 14 Orange soulignant qu’il s’agissait d’un frein à leur développement. Ce même colloque a mis en avant la disparité qu’il y avait entre les clubs au niveau des structures. Il est évident que la menace d’une relégation sportive constitue un énorme frein à l’investissement. Il est à noter que les clubs qui disposent des meilleures infrastructures sont souvent ceux qui jouent les premiers rôles dans le championnat et qui ne sont pas directement menacés de relégation sportive.
Conquérir un nouveau public : Ce même colloque a mis en avant le fait que de nombreuses personnes qui s’intéressent au rugby ne sont jamais allées voir un match de Top 14 Orange tout simplement parce qu’il n’y a pas d’équipe professionnelle dans leur région. Il existe donc un marché de spectateurs énorme encore inexploité. En attribuant des franchises aux grandes métropoles urbaines françaises (si les clubs appartenant à celles-ci présentent un projet sérieux et viables) il serait possible de gonfler considérablement le nombre de spectateurs.
Doper l’offre télé : On peut constater qu’un championnat comme la Ligue 1 de football tire un profit bien plus important que le Top 14 de l’offre faite par les chaines de télévision (NDLR : ce fut aussi le fait d’une concurrence et une enchère surréaliste entre trois diffuseurs, dont un – Orange – a déjà quasiment disparu). Le Top 14 Orange aura du mal à intéresser les médias et les chaînes de télévision tant que des régions entières ne possèderont pas de clubs de haut niveau. Une meilleure répartition de la carte de France des clubs du Top 14 devrait alimenter la concurrence entre les chaines de télévision. Remarquons qu’en dehors de Canal+, détenteur des droits et seul en lice pour la réattribution pour les quatre prochaines années, aucune autre chaîne n’a manifesté son intérêt pour le Top 14 qui pourtant est un championnat de qualité mais qui n’est vendable que dans quelques régions seulement. Ce manque de rayonnement et de visibilité handicape vraiment les clubs professionnels. Le système des franchises donne l’opportunité au rugby de toucher un public beaucoup plus large car une grande partie du territoire français serait directement concerné par le Top 14.
Ainsi les clubs pourraient penser sur le moyen ou long terme et non plus sur le court terme.
B/Avantages sportifs
Les joueurs : Il est intéressant de noter qu’un club qui accède au Top 14 n’a que de très faibles chances de pouvoir s’y maintenir. Lorsque celui-ci s’engage sur le marché des transferts, la majorité des joueurs ont déjà trouvé un club. Peu nombreux sont les joueurs de Top 14 prêts à signer un contrat avec un club qui statistiquement n’a que peu de chances de se maintenir. Avec le système de ligue fermée le club qui vient d’acquérir le statut de franchise peut disposer de plusieurs mois pour monter une équipe qui sera compétitive.
Les jeunes : Il est plus facile pour un club qui n’est pas menacé de relégation de lancer en équipe première de jeunes joueurs formés au club. Alors que la tendance actuelle va plutôt vers des joueurs étrangers déjà formés et habitués au haut-niveau.
Le jeu : Dans un système de ligue fermée les équipes ne jouent plus pour ne pas perdre mais jouent pour gagner. Les équipes peuvent se lancer dans la pratique d’un jeu plus ambitieux. Si elles ne sont que très peu à le faire aujourd’hui c’est tout simplement que ce type de jeu nécessite du temps et une vision à moyen terme rendue impossible par la menace constante d’une relégation.
Pour les équipes qui n’ont pas encore intégré le Top 14, l’ensemble de leurs résultats des dernières années seraient pris en compte et non plus le résultat d’un seul match de phase finale.
C/Avantages financiers
Notons l’importance du nombre de clubs qui, n’ayant pas pu présenter des comptes satisfaisants devant la DNACG, ont été relégués en ProD2 ou en Fédérale I pour des raisons administratives ces dernières années. Il s’agit la plupart du temps de clubs habitués au bas du tableau qui n’ont pas pu/su se développer efficacement pour les raisons invoquées plus haut (cf. A/Structure et développement).
Dans un système de ligue fermée les franchises sont attribuées selon des critères sportifs certes, mais aussi selon des critères financiers. Seuls seraient admis les clubs présentant un business plan suffisamment sérieux et qui auraient les reins assez solides pour passer en Top 14.
Nous avons vu plus haut qu’un nombre restreint de clubs possédait des infrastructures dignes du sport professionnel de haut niveau. Ces rares clubs-là sont les vaches à lait de notre championnat car non seulement ils sont capables de remplir leur propre stade, mais en général ce sont ceux qui ont également la capacité de remplir les stades dans lesquels ils se déplacent comme visiteurs, ceux qui font que le Top 14 réalise de bonnes performances à l’audimat, ceux qui attirent les médias et qui permettent donc à l’ensemble des clubs du Top 14 de vivre correctement. Seulement, ces clubs sont minoritaires (6 ou 7). Avec un système de ligue franchisée, il serait possible de multiplier ce genre de d’entités en localisant certaines de ces franchises dans de grandes agglomérations où le potentiel de développement est énorme.
III Les objectifs du système franchisé
- Aider la croissance du rugby professionnel
- Aider les clubs professionnels à disposer de structures modernes (stades couverts avec loges, boutique, centre de formation moderne, etc.)
- Proposer un « jeu positif ». Les clubs joueraient pour gagner et favoriseraient d’avantage le secteur offensif, s’approcheraient du jeu proposé par les nations de l’hémisphère Sud.
- Doper l’assistance dans les stades grâce à la conquête d’un nouveau public. Faire du Top 14 l’un des 10 plus grands championnats planétaire en terme de spectateurs, ce qui équivaudrait à faire jeu égal avec la Ligue 1 de football.
- Rendre le produit Top 14 Orange plus vendable pour les médias, en faisant en sorte qu’il touche un échantillon de personnes beaucoup plus large.
- Faire face de manière sereine à la double concurrence des championnats de rugby étrangers (Super Rugby, Premiership, etc.) et des autres sports (football, basket-ball, handball, etc.)
- Permettre au XV de France de s’appuyer sur un championnat de meilleure qualité
IV Les critères d’attribution
Les critères d’attribution seraient multiples. Voici un barème qui viserait à évaluer les clubs candidats à l’obtention d’une franchise.
A/ Les critères sportifs
Les résultats sur les 5 dernières années :
- 1 point pour un club ayant accédé à une finale du Top 14
- 2 points pour un club ayant été sacré champion de France
- 2 points pour un club ayant accédé à une finale de Coupe d’Europe (Heineken Cup)
- 3 points pour un club ayant gagné une Coupe d’Europe
- 1 point pour un club ayant gagné un championnat de T14 Développement (voir plus bas, le T14 Développement remplacerait la Pro D2)
- 1 point pour un club ayant été champion de la saison régulière de T14 Développement ou de Top 14.
NB : Un club sacré champion ne peut marquer des points de finalistes.
Qualité du centre de formation :
- 2 points pour les clubs ayant un centre de formation classé dans la Catégorie 1.
- 1 point pour les clubs ayant un centre de formation de Catégorie 2.
Cf. Catégories des centres de formation :
http://www.lnr.fr/la-lnr-centres-de-formation-centres-de-formation-24-08-2010-7-186-11156,11156.html
B/ Les critères non-sportifs
Le Stade :
- 1 point pour les clubs disposant d’un stade de plus de 10 000 places.
- 1 point supplémentaire par tranche de 5 000 places supplémentaire (jusqu’à 30 000 / maximum 5 points)
- 1 point si toutes les places sont couvertes.
- 1 point si le stade dispose d’un nombre de loges suffisant.
- 1 point si le stade est équipé d’une boutique en dur.
Affluence :
- Deux points si le club attire une moyenne de plus 15 000 spectateurs par match (délocalisations comprises).
- 1 point supplémentaire par tranche de 5000 spectateurs supplémentaires.
- 1 point pour les clubs de T14 Développement attirant une moyenne supérieure ou égale à 8 000 spectateurs par match.
- 2 points pour les clubs de T14 Développement qui attirent plus de 10 000 spectateurs.
Géographie :
- 3 points si le club appartient à une agglomération de plus de 5 millions d’habitants.
- 2 points si le club appartient à une agglomération de plus de 500 000 habitants.
- 1 point si le club appartient à une agglomération de plus 200 000 habitants
- 1 point s’il n’y a pas d’autres clubs de Top 14 dans un rayon de 100 kilomètres à la ronde.
Financier :
- 1 point pour les clubs qui disposent d’un budget supérieur à 15 millions d’euros.
- 2 points pour les clubs dont le budget est supérieur à 20 millions d’euros.
- 1 point pour tous les clubs dont la DNACG certifie que les finances sont saines (budget équilibré).
Historique :
- 1 point pour tout club ayant remporté une Heineken Cup
- 1 point pour tout club ayant remporté au moins 5 titres de Champions de France.
En fonction du nombre de point les clubs sont classés en quatre groupes.
Licence A : Ces clubs obtiennent une licence pour jouer 6 saisons dans le Top 14 Orange.
Licence B : Ces clubs obtiennent une licence pour jouer 3 saisons – renouvelables – dans le Top 14 Orange.
Licence C : Ces clubs n’obtiennent pas de licence pour le Top 14 Orange mais obtiennent une licence de trois ans pour jouer en ligue T14 Développement.
Pas de licence : Ces clubs n’obtiennent aucune licence et ne sont pas invités à participer à un championnat professionnel de rugby.
Ces licences sont toutes renouvelables et un Comité d’attribution des licences se réunit tous les trois ans. Ce comité est composé du Président de la LNR, d’un représentant des clubs du Top 14, d’un représentant des clubs du T14 Développement, d’un représentant de la FFR et un représentant de la chaîne de télévision disposant des droits de diffusion pour le Top 14 Orange. Le Comité d’attribution des licences peut librement, avant de donner son verdict, faire appel à des consultants sportifs et des consultants de la finance ou du marketing sportif.
V Les formules possibles de championnat
Si la structure du championnat (système de clubs ou système franchisé) est une chose, la formule de championnat en est une autre. La formule choisie déterminera le nombre de franchises. Choisir la bonne formule relève du vrai casse-tête tant les paramètres à prendre en compte sont nombreux : le nombre de clubs, les impératifs du XV de France et du calendrier international, les exigences des télévisions, le nombre de matchs à domicile, etc.
Un nombre de clubs trop grand aurait pour effet par exemple de diluer l’élite du rugby français, au contraire un nombre de clubs trop petit pourrait affecter la profondeur de cette élite et ainsi la qualité du XV de France.
Force est de constater que la formule actuelle (poule unique de 14 clubs, matches aller-retour ouvrant sur des phases finales) offre un certain nombre de garanties : un nombre de clubs optimal, un nombre de matches à domicile suffisant pour la comptabilité des clubs, la poule unique offre une certaine lisibilité du championnat. Toutefois notons que, comme toute formule, elle a ses inconvénients : un nombre de matches trop important et peu adéquat avec les exigences du calendrier international.
Avec cette multitude de paramètres, la LNR a peut-être accordé un peu trop d’importance à la lisibilité du championnat, suivant l’idée que pour être suivi par le plus grand nombre la formule du championnat doit être simple. C’est une idée fausse, preuve en est les formules de championnat des grands sports américains : NFL, NBA, MLB qui, avec leur système de poules régionales et de conférences, sont d’une complexité extrême. Cela ne les empêche nullement d’attirer les foules.
Encore une fois il est bon de voir ce qui se fait ailleurs. Notamment du côté du football australien (AFL) et du rugby à XIII (Super League et NRL) car il s’agit vraisemblablement des sports les plus proches du rugby (sports à la fois d’équipe et de contact) et dont les impératifs sont similaires. Il est impossible pour ces sports de jouer deux fois par semaine comme cela peut se faire sans encombre dans des sports comme le football, le basket ou le volley.
Ci-dessous vous retrouverez la formule utilisée par l’Australian Football League (AFL, le championnat de football australien) qui est complètement adaptée au rugby d’élite français et à ses nombreuses contraintes.
A/ Le système AFL – Une formule aux nombreux avantages
La proposition suivante a été inspirée par le championnat professionnel de football australien. Il s’agit d’une poule unique (que l’on peut fixer à 14, 15 ou 16 clubs). Tous les clubs s’affrontent au moins une fois. En revanche, le nombre de journées de championnat est limité à 20 (ou 22 si on part sur une base de 16 clubs). Ce qui signifie que tous les clubs ne se reçoivent pas en match aller-retour. Par exemple, si une équipe A rencontre une équipe B en matches aller-retour et une équipe C en match aller uniquement une saison, elle rencontrera l’équipe B en match aller uniquement et l’équipe C en matches aller-retour la saison suivante. Les 8 premiers sont qualifiés ensuite pour les phases finales organisées sur 4 semaines :
La formule de phase finale ci-dessus a l’avantage de multiplier les matchs de phases finales et de proposer le bénéfice du terrain aux clubs les mieux classés. Les matchs de phases finales étant ceux qui attirent le plus grand nombre de spectateurs, ils devraient largement contribuer à palier le manque à gagner dû au nombre inférieur de matchs joués en saison régulière par rapport à la formule actuelle. Cependant, il serait aussi possible d’adopter le système AFL pour la saison régulière et de garder le système de phases finales déjà existant dans le Top 14 Orange.
NB : cette formule de phase finale est un peu complexe à la première lecture mais tout en imposant des quarts de finale à tous le monde, elle préserve aux quatre premiers de la phase qualificative la possibilité d’un repêchage et impose aux quatre suivants un barrage entre les quarts et les demies.
Cette formule offre donc de nombreux avantages :
- Elle permet d’éviter la surcharge de match et de proposer un nombre de matchs optimal par saison sans réduire le nombre de clubs.
- Elle implique les équipes dans tous les matchs du championnat y compris dans les matchs à l’extérieur, les clubs ne peuvent plus faire d’impasse.
- Il est même possible de réduire encore un peu plus le nombre de matchs les années de Coupe du monde sans toucher à la formule du championnat.
- Pour le grand public la formule reste très lisible puisqu’il s’agit d’une poule unique avec un premier et un dernier.
Avec une telle formule une équipe jouerait 20 matchs de saison régulière dans l’année contre 26 aujourd’hui : soit un gain de 6 semaines dans le calendrier ! Cela permettrait d’étendre les plages de récupération/préparation.
Mais cette formule où tous les clubs ne se rencontrent pas en matches aller-retour est elle sportivement équitable ? Cette formule n’est pas moins équitable qu’un Tournoi des 6 Nations où les équipes s’affrontent en match aller sans retour, qu’une Coupe du monde où l’on retrouve toujours un déséquilibre entre les poules, qu’un Super 15 dans lequel toutes les équipes ne s’affrontent pas. De même qu’avec la formule de Top 14 actuelle un club peut terminer premier de la saison régulière et se faire sortir en demi-finales.
Même si la formule choisie par l’AFL semble la plus adaptée au Top 14, d’autres système de compétition sont possibles :
B/ D’autres formules possibles
Le système de conférences : Ce système (adopté entre autre dans l’hémisphère Sud pour le Super 15) offre la possibilité aux clubs/franchises de jouer un nombre optimal de matches et de multiplier le nombre de derbys au cours d’une saison. On pourrait imaginer un championnat avec deux conférences “Atlantique” et “Méditerranée” de 7 clubs. En revanche, tous les clubs ne s’affrontent pas forcément. Toutefois, ce système semble surtout utile dans des pays très vaste géographiquement ce qui n’est pas le cas de la France métropolitaine.
Chaque club rencontrerait les adversaires de sa franchise en matches aller-retour et jouerait contre les clubs de l’autre conférence en match aller uniquement (modèle Super 15). Soit un total de 19 matchs pour la phase de saison régulière, contre 26 actuellement avec la formule actuelle.
VI La Ligue de Développement
Cette compétition regrouperait tous les clubs ayant obtenu une licence C. L’objectif de ce championnat serait clairement de préparer les clubs à leur intégration au Top 14 (et/ou de faire émerger des joueurs pour le niveau supérieur). Le club vainqueur d’une édition de cette compétition ne serait pas systématiquement intégré à l’étage supérieur. Les résultats sportifs, mais aussi les infrastructures du club, le secteur commercial, la stratégie de développement ou bien l’équilibre financier seraient autant de critères pris en compte.
Nom de la compétition : Il serait bon de trouver un autre nom que ProD2 à cette compétition. En effet, il ne s’agirait plus d’une véritable deuxième division puisque le vainqueur ne serait plus automatiquement intégré à l’étage supérieur, mais plutôt d’une deuxième ligue franchisée – également administrée par la LNR. Peut-être pourrait-on lui trouver un nom plus vendeur afin d’aider les clubs qui la composent à attirer les investisseurs ? Un nom tel que T14 Développement serait vraisemblablement plus évocateur et plus approprié.
Formule du championnat : la formule de cette compétition ne serait pas soumise aux mêmes impératifs (matchs internationaux, Coupes d’Europe) que le Top 14. Il serait beaucoup plus facile de trouver une formule adéquate, qui dépendrait évidemment du nombre de clubs ayant obtenus une Licence C.
VII Argumentaire
Voici quelques idées reçues sur le système de franchises :
C’est un système américain qui ne correspond pas à notre culture. C’est faux ! Même si le système est largement utilisé en Amérique du Nord, on retrouve ce système partout dans le monde, notamment pour de nombreux championnats de rugby :
- En Australie : NRL (rugby à XIII), AFL (football australien), Super 15 (rugby), NBL (Basket-ball)
- En Europe : Euroleague Basket-ball, Superleague (rugby à XIII), Magners’ league (rugby), Liga Superiberica (rugby, Espagne)
- En Inde : IPL et ICL (Cricket)
On remarque donc que ce type de compétition dépasse largement les frontières nord-américaines. De plus avec le présent projet, les franchises utiliseraient le socle de clubs déjà existants, notre culture du rugby serait ainsi complètement respectée.
C’est du rugby « commercial ». Complètement ! Et c’est une réalité depuis que le rugby est passé professionnel qu’il serait temps d’assumer. Le rugby professionnel a le droit, lui aussi, de chercher la croissance là où elle se trouve. C’est déjà ce qu’il fait de manière plus empirique, club par club.
C’est un rugby de friqués, la mort d’une certaine idée du rugby. Cette accusation est ridicule et ne tient pas debout : le rugby professionnel ne tue pas le rugby amateur. Personne n’interdit aux amoureux d’aller voir leur club jouant en Fédérale le dimanche après-midi. Au contraire, plus le rugby professionnel sera riche, plus il pourra/devra aider financièrement le rugby amateur.
Cette formule est injuste sportivement puisque le club champion de deuxième division ne monte plus en première division. Non, ce qui est injuste sportivement c’est de faire croire aux partenaires, aux joueurs et aux supporteurs que leur club a les reins assez solides pour lutter en Top 14. Il est injuste qu’une équipe qui a bataillé durement pour se maintenir dans l’élite soit rétrogradée administrativement parce que certains dirigeants ont failli. Il ne faudrait plus voir le deuxième championnat comme une D2 mais plutôt comme une ligue parallèle de développement.
C’est un rugby de clubs de grandes villes, les clubs professionnels des petites villes disparaîtront. Au contraire le système de franchise permet d’avoir un équilibre entre les clubs appartenant aux grandes métropoles et les clubs situés dans des villes moyennes. Les premiers permettraient de réaliser une croissance vitale au rugby des villes moyennes. Un championnat entre les 10 plus grandes villes françaises duquel serait exclus Perpignan, la Côte basque, Clermont-Ferrand ou Toulon serait purement suicidaire. De même qu’un championnat où nous ne retrouverions plus de clubs parisiens, lyonnais ou bordelais ne serait pas viable.
La formule ‘AFL’ proposée n’est pas rentable puisque les clubs recevraient 10 fois au lieu de 13 fois. C’est vrai. Mais un rugby où certains joueurs jouent une quarantaine de matchs de haut-niveau est-il encore viable ? L’idée de ce projet, c’est moins de matchs mais plus de matchs de haut niveau. Avec un tel championnat, les impasses à l’extérieur deviennent impossibles. Faire une impasse est un manque de respect pour les partenaires et les spectateurs qui paient leur entrée. Certains matchs n’attirent pas plus de 8 000 spectateurs. Faut-il vraiment continuer à jouer ce genre de matchs qui ne sont profitables pour personne ? Vaut-il mieux recevoir 13 fois avec 12 000 spectateurs de moyenne ou 10 fois avec une moyenne de 18 000 spectateurs ?
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Commentaires ( 15 )
Philibert a laissé un commentaire le 05 avr 2011 à 16:49 - -Très bel article, on se prend à rêver d’un rugby meilleur.
Perso, je suis plutôt pour un championnat de provinces. Il me semble avoir lu sur rugby connection un article (de JPE?), il y a quelques temps, proposant un découpage en provinces en repartissant les provinces un peu partout en France (ce qui serait effectivement injuste pour les clubs qui se battent depuis des années, comme le dit l’article) qui ferait tellement plaisir…
Et dans tout ca, mister rugby n’aborde que très peu le fait que tout cela profitera forcément à l’équipe de France !
Beau boulot mister rugby.
Rock'n Santa Cruz a laissé un commentaire le 05 avr 2011 à 17:52 - -Très intéressant. J’étais par principe défavorable au système de ligues fermées, mais l’idée des licences m’a fait changer d’avis. Ca pousserait les clubs à travailler sur des cycles sportifs avec un projet de jeu bien défini, et permettrait d’anticiper plus sereinement les montés et les relégations.
Toutefois je trouve que ce système privilégie peut être un peu trop les “gros clubs”, d’ou mes quelques remarques.
1/ Remplacer les points du critère financier par un “agrément” délivré par la DNAGC et nécessaire à l’obtention d’une licence. Avoir un gros budget me semble en effet un avantage suffisant en soi, pas la peine de le récompenser plus.
2/ Diminuer l’importance du critère de la réussite en coupe d’europe, par définition inaccessible aux clubs de T14dvpmt
3/ Augmenter l’importance du critère de la formation, en tenant compte par exemple du nombre de jeunes lancés en équipe une. Encore fois afin d’aider un peu les “petits” clubs, plus susceptibles de lancer des jeunes. Ce serai de plus bon pour le vivier de jeunes joueurs français.
dumbledore a laissé un commentaire le 06 avr 2011 à 00:07 - -Le système de franchises me séduit beaucoup. Le système d’attribution des licences reste un peu flou. Quels seraient les clubs franchisés Top 14 aujourd’hui par exemple. Est-ce que la répartition des clubs serait suffisante pour “Conquérir un nouveau public” aujourd’hui. Quelles sont réellement les garanties économiques de franchiser T14 développement une ville moyenne en France qui n’a pas d’équipe en top14 ni en proD2 ? Les villes franchisées NHL, AFL etc sont des villes de plus d’un million d’habitants qui n’ont aucun mal a remplir leurs stades. Le rugby français de haut niveau n’est-il pas culturellement qu’un sport régional qui est difficilement exportable dans d’autres régions et villes ? En ce sens le système de conférences a l’air presque plus adapté car la France reste un pays de footeux, pas de rugby malheureusement !
Eredridan a laissé un commentaire le 06 avr 2011 à 08:50 - -Article très intéressant en effet. Beaucoup de choses à dire mais il y a quand même un point en particulier sur lequel je ne suis pas d’accord :
“Le Top 14 Orange aura du mal à intéresser les médias et les chaînes de télévision tant que des régions entières ne possèderont pas de clubs de haut niveau. Une meilleure répartition de la carte de France des clubs du Top 14 devrait alimenter la concurrence entre les chaines de télévision. ”
Je ne vois pas en quoi le fait qu’une personne habite dans un coin où il n’y a pas d’équipes fait que cette personne ne regarde pas ce sport à la télé. Je pense même que c’est complètement faux.
Que cette personne ne remplisse pas un stade ok. Que cette personne ne regarde pas la télé ou ne prenne pas d’abonements à Canal+ (ou un de ces concurrents) je n’y crois pas un seul instant.
Mister Rugby a laissé un commentaire le 06 avr 2011 à 10:33 - -Je remercie Ludovic Ninet de bien avoir voulu faire suivre ce manifeste.Je suis content de voir que certains qui étaient défavorables à un projet de franchises y soient finalement favorable (comme Rock’n Santa Cruz). Car justement le projet ce veut consensuel, sans quoi ça ne sert à rien de lancer des idées. Pour ce qui est de l’attribution des points pour les licences évidemment ça serait le sujet le plus ‘polémiques’ si un tel sujet devrait voir le jour. Un internaute a proposé sur le forum de rugbyrama de prendre en compte aussi les résultats des équipes amateurs du clubs, notamment ceux des équipes jeunes. C’est une excellente idée, je trouve cela dommageable que les grands clubs ne s’investissent pas d’avantage dans le rugby amateur. Je ne vais prendre qu’un exemple : celui des formations féminines, combien de clubs pro ont une section féminine ?
Pour répondre à Dumbledore : Ce projet ne prévoit pas qu’une ville moyenne (ou grande) crée une équipe de toute pièce. Le seul socle possible à une franchise resterait le club. En revanche il est possible que des clubs issus de villes comme Marseille ou Lille obtienne une candidature dans la ligue de développement se structure petit à petit. Pourquoi pas, si le projet est bien ficelé.
@ Eredridan : Je me base sur l’un des arguments de Canal plus. Je pense que l’amoureux de rugby regardera toujours le Top 14 à la télé qu’il habite Bayonne ou Brest. En revanche le grand public réagira différemment. Beaucoup de gens supporte l’OM ou les Girondins parce que ces clubs représentent leur ville/leur région.
Merci à tous, de faire avancer ce débat…
ChatNoir a laissé un commentaire le 06 avr 2011 à 13:00 - -Voici un dossier fort intéressant. Je pense depuis un certain temps que c’est la voie à suivre sur le long terme. Seulement, sa réalisation me semble vraiment difficile pour plusieurs raisons :
- la direction bicéphale du rugby français (FFR / LNR) pose problème et les personnes / entités possédant un certain pouvoir auront du mal à le lâcher
- les clubs qui risquent de faire partie de la ‘charrette’ vont probablement lutter contre un projet de ce type (dans la LNR et en dehors)
- la mise en place d’équipe nouvelle risque d’en faire tiquer plus d’un (quoi que l’exemple des Rebels cette année est assez intéressant).Enfin espérons qu’a force de répéter ce genre de chose, cela puisse enfin aboutir ; enfin; avant que l’on n’arrive à trop de problèmes dans le rugby français. Le résultat de la coupe du monde à venir pourra aider ce genre de projet ou non (selon que le résultat est vraiment mauvais ou que certains puissent se cacher derrière un faux “bon résultat”).
Le problème des qualifs pour la coupe d’Europe n’est pas mentionné dans le projet pour pousser le vice ^^ (même si l’ERC à son mot à dire
)
Bôôh a laissé un commentaire le 06 avr 2011 à 13:57 - -“A l’heure actuelle, à l’exception des cas anglais et français, les grandes nations de rugby ont toutes choisi le système de franchises car celui-ci semble en bien des points plus adaptés au sport qu’est le rugby”
Les grandes nations se limitent aux trois nations du Sud qui ont organisé leur championnat commun dans l’objectif que vous invoquez. Concernant les nations du nord, Pays-de-Galles, Ecosse et Irlande n’ont simplement pas le bassin de population nécessaire pour faire vivre un championnat de haut niveau chacun (tant d’un point de vue public qu’économique), d’où le regroupement en une compétition commune et un nombre limité de représentants par nations. Ces trois pays réunis ne représentent que 14M d’habitants, soit un cinquième de la population française. L’Italie s’y est ajoutée parce-que malgré sa taille le rugby y est un sport encore marginal, elle avait besoin d’une adversité et d’un niveau de compétitions qu’elle ne pouvait trouver qu’ailleurs.“de nombreuses personnes qui s’intéressent au rugby ne sont jamais allées voir un match de Top 14 Orange tout simplement parce qu’il n’y a pas d’équipe professionnelle dans leur région”
Plus de 75% de la population métropolitaine vit dans une région disposant d’un club de Top14 ou sous influence géographique d’une région possédant un tel club (j’ajoute ça surtout pour le pourtour de l’Ile de France qui est sous influence directe de cette région sans en faire partie). Si la fédération veut que les gens voient du rugby, la première chose à faire c’est en diffuser. Aujourd’hui quelqu’un qui n’est pas amateur de rugby ne va pas s’abonner à un prix effarant (abonnement au diffuseur + abonnement au service de diffusion) pour voir un match. Les lillois ne vont pas devenir fans de rugby et se payer des places en tribunes à minimum 15€ l’unité parce-qu’on crée un club dans leur ville. Par contre, si tous les weekends une chaîne nationale leur donne la possibilité de regarder du rugby de club, l’engouement peut exister. On pourrait citer l’exemple du stade français qui a été créé puis a trouvé son public, mais ce serait une caricature. Ce club s’est appuyé trois éléments :
- un bassin de population très dense et composé de gens venus de tous horizons pour les faire venir dans ses tribunes. Au début, personne n’y allait pour voir jouer Paris mais pour voir jouer l’adversaire (c’est encore en partie le cas, il n’y a qu’à voir le taux de remplissage des matches normaux du SF ou du RM92 comparés aux affiches dans les grands stades pour comprendre)
- une offre tarifaire alléchante : des places offertes ou quasiment distribuées en masse, des financements de déplacement (AR pour voir un match de coupe d’Europe à Glasgow pour moins de 30€…)
- une animation de tous les instants par un grand professionnel des média.
Et ne pas oublier que le rugby a une très longue histoire en région parisienne.“Il est intéressant de noter qu’un club qui accède au Top 14 n’a que de très faibles chances de pouvoir s’y maintenir.”
Effectivement, mais celà pose surtout la question du goufre séparant première et seconde divisions. Dans votre système, le fossé entre license A/B et license C sera telle qu’il n’y aura aucune possibilité pour ces derniers d’accéder au rugby. Cela complique fortement certains objectifs que vous sembliez vouloir atteindre, notamment le territoire couvert par le rugby.“Seuls seraient admis les clubs présentant un business plan suffisamment sérieux et qui auraient les reins assez solides pour passer en Top 14.”
Si la fédération a besoin de 14 clubs pour faire tourner sa ligue fermée, elle prendra les 14 dossiers les plus sérieux. Faire partie des 14 plus sérieux ne veut nécessairement pas dire être suffisamment sérieux. Je ne vois pas trop ce que ça résoud.“ceux qui attirent les médias et qui permettent donc à l’ensemble des clubs du Top 14 de vivre correctement. Seulement, ces clubs sont minoritaires (6 ou 7)”
La majorité des clubs de rugby remplissent bien leurs stades au long de la saison, je peux en citer 10 (sur 14 !) qui sont même plutôt limités par la taille de leurs enceintes : ST, BO, ASM, UISAP, RCT, SF (encore que cette année cec soit compliqué pour d’autres raisons), RM92, ASM, MH et SR (pourtant promu et relégable, mais dans une zone géographique sans concurrence et proposant un jeu attractif). Pourquoi ces clubs attirent du public mais pas les média ? Parce-que les médias préfèrent se branler dans la barbe de Chabal que de parler rugby.“objectifs • Proposer un « jeu positif ». Les clubs joueraient pour gagner et favoriseraient d’avantage le secteur offensif, s’approcheraient du jeu proposé par les nations de l’hémisphère Sud.”
Oui et non, certes la visibilité à long terme et les contrats longs avec les joueurs permettraient d’avantager un jeu ambitieux, mais ce qui aujourd’hui favorise le jeu restrictif dans trop de clubs c’est surtout le calendrier surchargé (pas de risques pris) et le trop grand nombre d’accessit en phases finales (quasiment un club sur deux).” Faire face de manière sereine à la double concurrence des championnats de rugby étrangers (Super Rugby, Premiership, etc.)” Bizarre de citer la concurrence du Premiership qui est basé sur le même modèle “clubs” que le top14.
“Force est de constater que la formule actuelle (…) offre un certain nombre de garanties : un nombre de clubs optimal(…)”
Ah bon ? En quoi ce nombre est il plus optimal qu’un autre ? Pourquoi mieux que 12, que 16, que 20 ?“NFL, NBA, MLB” : les formules “compliquées” de ces championnats sont faites pour s’adapter aux contraintes particulières de ces pays, et notamment une : l’immensité du territoire sachant d’un autre côté que la population du pays permet de faire vivre des conférences régionales.
“rugby à XIII” Vous multipliez les références à ce sport, mais je ne comprends en quoi ça peut être un argument. On y joue en gros dans trois pays : l’Angleterre (bien moins populaire que le XV, seul deux comtés s’y intéressent réellement soit au plus 7M d’habitants), l’Australie (le tiers de la population française) et la Nouvelle-Zélande (moins du dizième de la population française). Et les migrations de joueurs sont bien du XIII vers le XV, preuve du niveau d’attractivité et de santé financière de l’un et de l’autre.
“AFL (…) Cette formule n’est pas moins équitable qu’un Tournoi des 6 Nations”
Mais elle ne l’est pas plus, et le 6 Nations est tout sauf équitable. Ce n’est pas le meilleur qui gagne mais le calendrier qui décide du vainqueur. Seules trois situations justifient de ne pas jouer systématiquement chez soi et chez l’adversaire : compétition de très courte durée (exemple 6 Nations), compétition organisée en un seul lieu géographique bien-sur (type JO ou tournoi mondial), qualification par niveaux pour les matches à élimination directe (le meilleur qualifié disposant du privilège de recevoir)“Cette formule est injuste sportivement puisque le club champion de deuxième division ne monte plus en première division. Non, ce qui est injuste sportivement c’est de faire croire aux partenaires, aux joueurs et aux supporteurs que leur club a les reins assez solides pour lutter en Top 14. Il est injuste qu’une équipe qui a bataillé durement pour se maintenir dans l’élite soit rétrogradée administrativement parce que certains dirigeants ont failli. Il ne faudrait plus voir le deuxième championnat comme une D2 mais plutôt comme une ligue parallèle de développement.”
Les deux ne sont pas contradictoire, ce n’est pas parce-que le fossé économique entre Top14 et ProD2 limite les possibilités des promus et donc est injuste que ne pas faire monter les meilleurs de deuxième division n’est pas injuste. Sur votre cycle de trois ans, le club qui réussit la première année en deuxième division se fait dépouiller de ses meilleurs joueurs par les clubs de l’élite (sauf si on ne peut recruter que tous les trois ans, ce qui est inimaginable), doit remobiliser ses troupes pour réussir une seconde année et repatatras pour réussir une troisième année avant d’avoir un espoir de peut-être pouvoir accéder à l’élite. Ce type d’organisation à mon avis ne peut que générer une deuxième division brouillonne sans leader réel et donc sans “équipe apte à monter. Et donc une ligue fermée ad vitam eternam sauf gros accident d’un club de l’élite.PS : je me suis concentré sur ce qui me semble être des faiblesses du projet exposé, en aucun cas celà ne veut dire que je n’y trouve pas de qualités, voir de grandes qualités. Dans un autre registre, en commentaire de la note de J.P. Elissalde sur Agen, j’avais proposé (de manière beaucoup moins détaillées) des aménagements de l’existant pour une solution (je pense) aussi efficace et suffisamment peu révolutionnaires pour être réellement applicables.
Bôôh a laissé un commentaire le 06 avr 2011 à 13:57 - -Ah !!!! Les sauts de lignes ont disparu !
dumbledore a laissé un commentaire le 06 avr 2011 à 18:25 - -Le seul socle possible à une franchise resterait le club. En revanche il est possible que des clubs issus de villes comme Marseille ou Lille obtienne une candidature dans la ligue de développement se structure petit à petit.
Je suis d’accord. C’est très clair. Les villes doivent faire du rugby une de leur icône. Ce qui est possible que dans de grosses villes ou dans des villes ou le rugby est culturellement déjà installé. Par exemple je vois bien Marseille faire co-exister l’OM avec une équipe de rugby. Pareil pour l’OL et le LOU. Pour résumer le rugby doit d’abord se développer dans les grosses villes pour attirer plus de gens. Ajouter a ca les difficultés qu’a le grand public a se faire aux règles d’arbitrage (c’est clair que les gens s’intéressent plus a la barbe de S. Chabal qu’a comprendre pourquoi il y a en-avant) et RDV dans 20 ans! D’ici la le projet de franchises (très ambitieux) sera parfait! En attendant une solution allégée du top 14 et du touch rugby a l’école me semble une pas trop mauvaise solution
En répondre a Eredridan : les personnes qui habitent dans des zones ou le rugby n’est pas la priorité et qui s’abonnent pour le regarder a la télé sont des connaisseurs. Les gens ont besoin de s’identifier a une équipe locale pour parler rugby, le regarder a la télé, aller au stade, boire une bière après un match sans forcement comprendre totalement le jeu. L’équation est simple : pas d’équipe locale phare = pas plus d’audience locale = pas plus de chaine TV intéressées..
Mister Rugby a laissé un commentaire le 06 avr 2011 à 23:09 - -Pour ce qui est du rugby à XIII je ne suis pas d’accord : la NRL est le championnat de rugby le plus populaire de la planète.
Bôôh a laissé un commentaire le 07 avr 2011 à 09:44 - -@ Mister Rugby : 15000 spectateurs par matches alors que les stades sont grands (35000 places en moyenne), ça fait moins d’un siège sur deux rempli. Le Top14 fait le même nombre de spectateurs avec des stades moitié moins grands… L’audience TV est difficile à mesurer (médiamétrie et ses équivalents étrangers sont a peu près crédible en part d’audience mais pas en nombre de gens devant la télé) et les sources donnant des chiffres pas forcément trop fiables mais alors que le meilleur score d’audience de la nlr l’an dernier est de 360000 téléspectateurs en Australie (source ligue française du XIII) là où le top14 fait des moyennes (je dis bien des moyennes) de 880000 spectateurs (source figaro) pour le match en prime…
Bôôh a laissé un commentaire le 07 avr 2011 à 09:49 - -Heu, a priori il y a eu un bug sur les audiences TV de la NLR, mais je n’arrive pas à trouver deux sources concordantes et les écartes sont de 1 à 50…
Bôôh a laissé un commentaire le 07 avr 2011 à 10:08 - -Désolé pour les commentaires multiples. D’après un article de the Australian, l’audience cumulée tout compris (diffusion internationale, phases finales…) sur la saison 2010est de 120 600 000 téléspectateurs pour 209 matches, ça fait si je sais compter 577 000 par match. Il ne me manque plus que l’audience cumulée du top 14, et celle des clubs français en coupes d’Europe.
Fred Claro a laissé un commentaire le 10 avr 2011 à 01:49 - -Oui très bon article,dont je partage tout à fait les vues. J’ai souvent pointé du doigt l’obsolescence du système de club qui ne correspond plus du tout à une vision de développement optimal pour les équipes nationales. Le rugby pro de haut niveau doit être une vitrine promotionnelle du sport, où les meilleurs joueurs se retrouvent au plus haut niveau international.
A mon sens, seul un système de franchise provinciale (ou super clubs fusionnés) est capable de développer le rugby et ses joueurs vers le haut.
Le Super 15, la NRL (XIII australien) et les rugby irlandais et écossais en sont la preuve actuelle, de plus, chaque région / province sous contrôle de la FFR et donc également de la DTN qui reprendrait sa part de travail développemental, aurait une académie de formation qui formerait les meilleurs espoirs avec pour souci la représentation au plus haut niveau professsionnel et donc de l’équipe de France. Fini les légions de mercenaires qui a terme détruisent le rugby national de haut niveau. Priorité a la formation du cru dans des académies provinciales qui recruteront dans le but de former des joueurs pour le XV de France…Tant que le XV de France sera en conflit d’intêrêt permanent avec les clubs, les coqs joueront en seconde division internationale, car les systèmes de formation de l’hémisphère sud (et irlandais et écossais) ont évolué vers une focalisation des objectifs vers les équipes nationales.
Un système de franchises provinciales sous contrat avec la FFR est a mon sens la meilleure solution. C’est la solution néo-zélandaise, cela fonctionne avec l’efficacité que nous connaissons. Juste mon grain de sel sur la question.
Excellent article, qu’il fallait écrire pour proposer un schéma global du truc. Merci à Mister Rugby de l’avoir fait !..
Bôôh a laissé un commentaire le 13 avr 2011 à 10:52 - -Petit avis d’amateur sur la question spécifique des franchises provinciales : la volonté d’attirer un nouveau public mérite-t-elle qu’on jette à la poubelle le public actuel, celui qui aime le rugby depuis des années/décennies et supporte son club depuis le même temps. Banlieusard toulousain, je suis supporter du Stade depuis le collège (il y a bientôt 20 ans… avoir parmi ses profs de sport un M. Laïrle ou une future Mme N’tamak doit jouer) et j’ai passé un temps incalculable sur les bancs du Sélery à Colomiers (gratuité et facilité d’accès oblige). J’aime le Stade autant que j’aime le rugby en lui-même, et rien à faire, demain je n’aurai pas le même amour pour une franchise midi-pyrénéenne, un truc sans âme, sans histoire, composé de joueurs draftés qui jouent là comme ils joueraient ailleurs. Améliorer le rugby oui, Mieux gérer les relations clubs/EdF pour faire en sorte que les deux brillent au sommet de leurs hiérarchies respectives oui, mais pour cela tuer les clubs pour créer des équilibres artificiels, JAMAIS ! Surtout que c’est inutile. Rien n’a empêché Paris de remettre deux clubs au plus au niveau. Le sud-est va avoir 2 voire 3 représentants l’an prochain (Toulon, Lyon et Grenoble). La Rochelle a prouvé qu’une équipe de l’Ouest avait tout à fait sa place (un des jeux les plus séduisants du top14, même si les résultats n’auront pas toujours suivi)… Et puisque vous aimez prendre exemple sur d’autres sports pour justifier les franchises, foot US et rugby à XIII en tête, prenons le sport co professionnel le plus développé au monde : le football (soccer). Que des clubs, ça n’a jamais empêché une lutte intercontinentale équilibrée pour la domination mondiale (Brésil-Argentine d’un côté, Espagne-France(il n’y pas si longtemps)-Italie(encore plus récemment)-Allemagne(toujours et encore) de l’autre). Ce sport est organisé partout en clubs, cela n’a en rien gêné son développement professionnel, encore moins son audience ni ses revenus. Et prendre pour exemple dans le XV sur le rugby irlandais et écossais est une belle blague :
- les pays (population, surface) n’ont rien à voir avec l’hexagone, d’où un nombre resserré d’équipes jouant dans un championnat commun, d’où les franchises
- les résultats (franchises comme équipe nationale) ne sont pas franchement meilleurs que les nôtres, voire nettement inférieurs
- les finances sont très tendues
- les seuls bons résultats britanniques sont issus de l’Angleterre, pays dont le rugby est organisé en… clubs.
- La structure des régions en question fait que par exemple le public du Munster peut se retrouver derrière l’équipe du Munster, qu’il vienne de Cork ou de Limerick (d’autant plus que Cork représente la même population que l’ensemble des autres comtés de la province). Et encore, ils sont obligés de “délocaliser” certains matches pour que le public des autres comtés ne se sente pas trop délaissé. Allez demander à un grenoblois ou un berjallien de supporter une franchise Rhône-Alpes basée à Lyon. Allez demander à Toulon d’intégrer une franchise basée à Marseille, en dépit de l’historique des premiers et du non historique du second. Allez demander aux Coujoux de devenir Auvergnats…S’inspirer sur ce qui se fait ailleurs est toujours une bonne chose, mais pas pour cela se mettre des œillères pour ne regarder que les avantages et surtout que ce qui marche dans un cas (franchises) sans s’occuper de ce qui marche dans l’autre (clubs).












