France – Galles : analyse du temps de jeu effectif et du contenu du match
Posté le 20.03.2011 dans Analyses par Fred Claro / Lu 2 372 foisFrançais et Gallois ont livré un match à bon volume et bonne intensité à 47% de temps de jeu réel (TJR) dans lequel le jeu au pied fut plus prépondérant que lors des précédentes sorties du XV de France. Ainsi 44 ballons ont été rendus au pied à l’adversaire et 59% de ces ballons l’ont été par la France (14 en première mi-temps, 12 en seconde). Seconde mi-temps solide en volume de jeu ballon porté, qui ne vit que 19 ballons rendus au pied contre 25 lors du premier acte.
| 1re mi-temps | 2e mi-temps | Moyenne/total | |
| TJR | 43% | 51% | 47% |
| Coups de pied | 25 sur 18min TJR | 19 sur 21min TJR | Total: 44 sur 39min TJR
1/53” TJR |
Données : Claro 2011
Les Français gagnent ce match sur leur force, le pack, en ayant été capables de mettre beaucoup de pression sur les zones de ruck, occasionnant certaines défaillances galloises bien mises à profit, le premier essai de Nallet en est le meilleur exemple.
La bonne qualité des défenses de part et d’autre (121 plaquages et 92% d’efficacité au plaquage côté français vs. 96 et 95% côté gallois, selon Opta) a mis en valeur la faible capacité de pénétration des joueurs face à des défenses bien organisées ainsi que le manque de soutien lancé. C’est pourtant là que se jouera la différence face aux équipes du Sud lors de la prochaine Coupe du monde. Fidèle à la philosophie du rugby pourcentage chère au rugby européen, les deux équipes ont très peu « offloadé » (joué dans le contact en avançant), souvent par manque de soutien venu se présenter dans ce but-là. Tant que le rugby européen mettra la priorité sur l’étayage des rucks et la sécurisation lente du ballon au sol, le franchissement de la ligne d’avantage et la progression vers l’avant en souffriront – et, à terme, les résultats.
Les Gallois ont essayé de réduire le nombre de joueurs sur les rucks, mais leur positionnement dans la zone de contact est si approximatif qu’il a permis aux Français de souvent les perturber dans l’axe de la mêlée spontanée. Ce fut bien joué de la part des Français, mais une fois encore cela ne se produira pas contre les équipes sudistes dont l’approche des rucks est bien différente. Cette équipe galloise est la plus faible présentée depuis longtemps. Hook apporte tant en 12 et si peu en 10. Ce positionnement hasardeux a grandement aidé les Français sur ce match, qui ont su saisir leur chance en s’appuyant sur leur point fort. Bien vu !
Cette meilleure fin de Tournoi ne doit néanmoins pas cacher les lacunes exposées tout au long de la compétition. L’heure n’est pas à se gargariser, mais à sérieusement se remettre en cause…
A lire aussi :










